Ville de Saint-Pierre, Martinique, 8 mai 1902, à 8 h 02. Après plusieurs jours d’activité, le volcan de la Montagne Pelée entre dans la phase la plus violente de son éruption. L’explosion se fera entendre à plusieurs centaines de kilomètres du « point zéro ». En quelques secondes, la montagne « descend sur la ville » : ce que les volcanologues appelleront la « nuée ardente » va tuer, en une minute et demie, près de trente mille personnes, et anéantir la cité la plus prospère de l’île. La « Pelée » n’est pas seule à frapper, car au même moment le volcan de la Soufrière se réveille à Saint Vincent... La nature a-t-elle décidé de punir les hommes pour leur excès de vanité ?
Cette implacable tragédie, Frédéric Denhez nous la restitue dans tous ses détails. Composant son récit à la manière d’un « film catastrophe », il pose d’abord le décor, nous dépeint les protagonistes (ceux qui vont mourir, ceux qui vont survivre), nous dévoile le contexte politique et social de l’événement. Avant de trépasser, Saint-Pierre était une ville créole « qui avait réussi » : vivant du commerce maritime, protégée de la chaleur grâce à la configuration locale, mêlant Blancs, Noirs et métis dans une cohabitation parfois difficile, elle n’imaginait certes pas qu’elle serait rayée de la carte du jour au lendemain, par la seule volonté des éléments, et si troubles il y avait, ils n’avaient rien de naturel et tout de... politique. Mais, le 27 avril 1902, la « Pelée » commence à gronder. Dix jours plus tard, le drame sera noué.
Avec un sens consommé du suspense et bénéficiant d’une extraordinaire documentation, Frédéric Denhez nous expose brillamment les événements ayant conduit au désastre, son style agrippant le lecteur pour l’empêcher de fuir la fournaise. Un récit haletant, atroce, « écrit comme un roman », mais totalement historique, et assorti d’une riche bibliographie.
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