Aristide Briand est aujourd’hui relativement oublié. Vingt fois ministre et onze fois président du Conseil, il reste un des très grands hommes d’Etat de la IIIème République. Cet ouvrage de Gérard Unger apporte un nouvel éclairage sur un personnage qu’il convient de ne pas occulter tant il a laissé sa marque au Quai d’Orsay et sur les valeurs portées par la politique étrangère de la France.
De façon très classique mais pertinente, l’auteur développe son argumentation de manière chronologique en mettant respectivement en exergue le militant, l’homme politique et l’homme d’Etat. Loin de son image traditionnelle de politicien retors, Briand apparaît comme un homme, certes pragmatique et rompu aux techniques politiciennes, mais à l’engagement très sincère et profondément patriote. Gérard Unger éclaire également le lecteur sur la réelle complexité du personnage, parfois l’initiateur de revirements politiques spectaculaires.
Cet ouvrage nous renseigne aussi sur l’influence considérable qu’a exercée Aristide Briand aussi bien au plan strictement national qu’au niveau européen : il est effectivement le concepteur et le rapporteur de la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat, de la loi de trois ans destinée à faire pièce à la supériorité militaire allemande, l’artisan de l’expédition de Salonique et l’architecte malheureux aussi bien du rapprochement franco-allemand (Locarno, 1925) que d’une meilleure organisation européenne (1932).
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