Le présent ouvrage, publié pour la première fois en 2005, a déjà fait couler beaucoup d’encre. La thèse développée par Götz Aly est en effet particulièrement audacieuse. Aux confins de l’histoire sociale, économique et politique, l’auteur cherche à démontrer que le soutien de l’ensemble des Allemands au IIIème Reich et à sa politique criminelle fut bien réel... mais surtout intéressé.
Selon l’historien allemand, la haine des Juifs et l’idéologie, ne constituent pas le moteur de la collaboration des Allemands à l’entreprise de massacre initiée par leurs dirigeants. Il faut ainsi éviter de voir dans ce livre une reprise des idées développées par Daniel J. Goldhagen, il y a quelques années. Si ce dernier insistait lui aussi sur la complicité des Allemands, il faisait de l’antisémitisme le seul élément expliquant l’implication de la population.
La politique « sociale » du IIIème Reich, mise en œuvre aussi bien avant que pendant la guerre, a assuré à la population son confort et aux dirigeants berlinois un véritable assentiment populaire. C’est bien là le nœud de la réflexion de Götz Aly.
Le fait est que le présent travail ne pouvait échapper à la controverse tant il remet à plat les explications traditionnelles relatives à la genèse de la Soah. Le propos est intéressant, souvent passionnant, parfois dérangeant... à défaut d’être toujours pleinement convaincant. Il a malgré tout le grand mérite de sortir des clichés traditionnels et des jugements trop réducteurs encore portés sur le régime hitlérien. A chacun de juger...
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