Les relations franco-américaines ont souffert, ces dernières années, d’un refroidissement certain. En historien avisé, François Kersaudy, après s’être intéressé aux relations De Gaulle-Churchill, s’est penché sur les rapports qu’entretenaient le chef de la France Libre et le président des Etats-Unis, Franklin D. Roosevelt. Hommes intelligents et hautement préoccupés par l’issue de la guerre et le rang de leurs Nations respectives, les deux chefs d’Etat ont tissé des relations conflictuelles dès l’origine.
Roosevelt, pourtant francophile avéré dans sa jeunesse, avait reconnu dans le seul Philippe Pétain le représentant légitime de la France, alors même que le gouvernement de Vichy se faisait jour après jour un peu plus le chantre de la collaboration avec le IIIeme Reich. De Gaulle, dans l’esprit du président des Etats-Unis, ne pouvait être reconnu - à l’instar des personnalités des autres gouvernements en exil - comme le représentant officiel de la France occupée. Mal conseillé, Roosevelt ne voyait en De Gaulle qu’un dictateur potentiel, un ambitieux tenté par le fascisme. Le Général, de son côté, convaincu de la légitimité de sa mission et de la trahison immonde de Vichy, a immédiatement tenu rigueur à Roosevelt de sa tiédeur à son endroit.
Les initiatives gaulliennes pour redresser la France et la faire rentrer dans le camp des vainqueurs (ralliement de St Pierre-et-Miquelon, exécution de Pucheu notamment...) ont - dans ce contexte - rapidement heurté le président des Etats-Unis jusqu’à faire naître chez lui une aversion certaine pour la France dans son ensemble. Coups fourrés et manipulations se succèdent entre 1942 et 1944 jusqu’à ce que le ralliement de la Résistance dans un premier temps, puis de la population française dans son ensemble ensuite, viennent renforcer considérablement la position du général De Gaulle qui sera finalement reconnu - mais bien tard - comme le représentant légitime du gouvernement français.
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