L’année 1922 s’ouvre par une série de pourparlers majeurs pour la France. Ce volume couvre la première moitié de celle-ci, plus précisément du 1er janvier au 30 juin.
Cette courte période est surtout marquée par un changement de direction à la direction du Quai d’Orsay. Incapable d’obtenir des Britanniques une garantie ferme du territoire français par le biais d’un traité d’alliance véritable, Aristide Briand présente sa démission du gouvernement à la mi-janvier. Il est remplacé par Poincaré qui, sans remettre en cause les orientations de la politique extérieure française, opère un net changement de style ainsi qu’une certaine inflexion. Fidèle continuateur de son prédécesseur en ce qui concerne la recherche active d’une alliance avec Londres, le nouveau ministre se veut immédiatement plus ferme vis-à-vis de l’Allemagne.
Active à l’est de l’Europe, la France cherche à renforcer la stabilité des jeunes nations de cette région, notamment lors de la conférence de Gênes, en mai, alors que l’accord germano-russe de Rapallo fait planer quelques inquiétudes dans les milieux diplomatiques alliés.
De manière générale, la position de la France en ce début 1922 est difficile. Elle se trouve effectivement en mauvais termes avec l’Italie, en opposition directe avec les ambitions britanniques en Méditerranée, en porte-à-faux vis-à-vis des Etats-Unis ; contrainte même d’accepter une réduction drastique du tonnage de sa flotte lors de la conférence de Washington.
Ces mois riches en événements sont traités au travers des 456 documents présentés dans cet ouvrage. Il faut évidemment saluer le colossal travail des historiens qui ont collaboré à cette publication ainsi que la qualité de l’édition. Enfin, il faut se réjouir du fait que la série 1920-1932 semble aujourd’hui avoir trouvée un rythme de publication régulier.
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