Ce nouveau volume des Documents diplomatiques français de la série 1920-1932 constitue le huitième tome de celle-ci et couvre la fin de l’année 1922 (du 1er juillet au 31 décembre). C’est l’antagonisme entre Londres et Paris qui domine la période. En effet, le second semestre de 1922 ne s’ouvre pas sous les meilleurs auspices pour la France, soumise aux pressions britanniques sur diverses questions. Le changement de ton de la diplomatie française, plus ferme et plus rigide, est également palpable.
C’est tout d’abord, le problème des réparations qui revient sur le devant de la scène politique. Poincaré réaffirme en effet la priorité de celles-ci sur le règlement des dettes interalliées. La ligne dure du président du Conseil français, exigeant des gages productifs, se heurte résolument à la volonté de conciliation britannique. Le Royaume-Uni se déclare d’ailleurs prêt à ne se contenter que de simples garanties en cas de défaut allemand. L’échec des négociations franco-britanniques à l’occasion des deux conférences de Londres d’août et décembre est, selon les archives, un des éléments qui ont conduit à l’occupation de la Ruhr par la France et la Belgique quelques mois plus tard.
La question d’Orient est également au centre des préoccupations communes des deux puissances alliées. Mise en grande difficulté, la Grande-Bretagne est contrainte de revoir sa politique orientale vis-à-vis de la Turquie et, isolée, n’a pas d’autre choix que de composer avec ses alliés italiens et français quant à l’attitude à adopter vis-à-vis du mouvement nationaliste emmené par Mustapha Kemal.
A l’est, la France soutien le projet d’Union baltique projeté entre la Finlande, la Lettonie, l’Estonie et la Pologne. Les relations avec l’allié polonais restent toutefois bien difficiles du fait des graves contentieux opposant Varsovie à ses voisins orientaux.
Rassemblant 410 documents, ce volume révèle surtout l’implication très directe du président du Conseil (et ministre des Affaires étrangères) à la tête de la diplomatie française. S’impliquant directement dans la rédaction de rapports, annotant lui-même les télégrammes, Raymond Poincaré ne nomme effectivement pas de remplaçant à Philippe Berthelot, secrétaire général du Département.
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