Média encore jeune dans les années vingt et trente - il fait une apparition remarquée à Paris en 1895 - le cinéma est rapidement devenu un outil de communication privilégié au service d’Etats aux modèles concurrents dans l’entre-deux-guerres. La « propagande » - le terme n’est à l’époque pas chargé du sens péjoratif et idéologique que nous lui connaissons aujourd’hui - a effectivement investi les écrans et les salles obscures du temps.
Jérôme Bimbenet, dans cet ouvrage original et précieux, s’attache d’abord à montrer l’évolution de la représentation du pouvoir depuis la fin du XIXème siècle jusqu’à l’avènement du cinéma de propagande. Dans ce processus relativement court, la première guerre mondiale joue un rôle majeur. Le traitement cinématographique du conflit, mêlant images authentiques des combats et images reconstituées, a en effet contribué à faire du film un outil politique de premier plan.
Devenu culture de masse, le cinéma est tout de suite capté par les régimes autoritaires. Films de fiction (« Le cuirassé Potemkine », « Alexandre Nevski » pour la Russie bolchevique ou encore « Scipion l’Africain » pour l’Italie fasciste) mais également films documentaires (« L’homme à la caméra de Dziga Vertov ou « Le triomphe de la Volonté » de Leni Riefenstahl) entrent au service des dictatures rouge, brune ou noire. Terminant par un contre-modèle, à savoir les Etats-Unis, Jérôme Bimbenet montre quels sont les ressorts profonds qui ont animé la première période de l’histoire du cinéma.
Notons que ce livre comporte un index des sorties cinématographiques ainsi qu’une bibliographie thématique.
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