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Hitler chef de guerre

Philippe Masson

Il est de bon ton aujourd’hui de railler les fautes du Führer, de le traiter en sombre dilettante, dépourvu de génie militaire et obstinément hermétique aux cruelles réalités de la guerre. Certes, le « caporal de Bohême » n’a reçu aucune instruction militaire sérieuse, il lui a fallu ainsi s’enquérir lui-même des impérieuses nécessités de la stratégie. Malgré le mépris que certains de ses généraux vouent à son passé de simple soldat de la Grande Guerre, ce fervent lecteur de Clausewitz est, de l’avis du haut commandement allemand, un autodidacte doué d’intuitions formidables, capable de défier les lois ordinaires de l’art de la guerre pour son plus grand profit. De facto, son bilan est impressionnant.

La guerre éclair, dont le secret est de combiner l’emploi massif des blindés et de l’aviation, a raison de toutes les résistances. Elle balaye aisément la Pologne, la Belgique, la Hollande et même la France. Or, contrairement à la légende tenace, c’est bien Hitler, et non Van Manstein, qui a eu l’idée de la célèbre manoeuvre en coup de faux. L’étonnante célérité d’exécution des Allemands, telle que l’armée française est anéantie en trois semaines seulement, doit absolument tout à sa lucidité belliqueuse. Jusqu’en 1943, le Führer accumule les victoires dans son escarcelle, façonnant les directives générales et parfois même les infimes mouvements tactiques de la Wehrmacht. De son Quartier général, il orchestre de main de maître le déploiement de ses armées qui sillonnent les Balkans, l’Afrique du Nord et l’Union soviétique. Devant les ruines de Moscou, pressentant un « immense désastre », Hitler épargne à son peuple une catastrophe comparable à celle de 1812.

La chute de Stalingrad en février 1943 annonce le temps des revers. L’Allemagne nazie, confrontée à la triple coalition des Américains, des Anglais et des Russes, n’a plus guère les moyens de lutter sur tous les fronts. Cependant, les griffes du vieux tigre assènent encore des coups terribles. Le Führer sait bien que la partie est perdue, mais il n’en demeure pas moins à la tête des opérations, pour le meilleur et notamment pour le pire. Insensible aux objections, il entend imposer sa volonté de puissance, quitte à entraîner l’Allemagne dans le précipice. Le « Reich de mille ans » connaît une lente agonie que Philippe Masson, ancien professeur d’histoire et de stratégie à l’Ecole supérieure de guerre navale, dévoile dans un tableau crépusculaire.

Nicolas Pavillon

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Titre : Hitler chef de guerre
Auteur : Philippe Masson
Editeur : Perrin
Nombre de pages : 334
Publication : septembre 2005
Prix : 21,50 €
ISBN : 2-262-01561-9

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