| www.histobiblio.com souhaite la bienvenue à tous nos visiteurs. | Suivre la vie du site  RSS
Accueil du site > Les livres > D’un après-guerre à l’autre. > L’Armée Rouge [Film DVD documentaire]

L’Armée Rouge [Film DVD documentaire]

1918-1945

Alain de Sedouy

L’Armée Rouge, ou plus précisément l’Armée Rouge des ouvriers et paysans (Rabotche-krestianskaïa Krasnaïa Armia), est le nom porté par les forces armées de la Russie bolchevique, puis de l’URSS jusqu’en 1946, date à laquelle elles changent de nom pour devenir Armée soviétique (Soviétskaïa Armia). C’est toute l’histoire - l’épopée pourrait-on dire - de cette institution si controversée que retrace pour nous ce très complet film documentaire.

Le premier des trois disques de ce coffret fait un point exhaustif sur la révolution d’octobre et la difficile création de l’Armée Rouge par Trotski. C’est ensuite à l’effroyable guerre civile, qui a vu armée blanche et armée bolchevique se battre dans le contexte d’une violence répressive inouïe, que s’intéresse le documentaire. Sauvée in extremis par l’Armée Rouge, la révolution bolchevique se heurte ensuite à des mouvements de révoltes endémiques (Cronstadt par exemple). Là encore, l’appareil répressif saura prendre les décisions qui s’imposent tout en restant le gardien des valeurs idéologiques de la révolution, notamment après la mort de Lénine. Sous Staline, l’Armée Rouge est profondément réorganisée, notamment grâce à la coopération avec l’Allemagne engagée depuis le début des années vingt. Les grandes manœuvres de 1937 montrent aux yeux du monde un outil militaire moderne (l’Armée Rouge est par exemple la première à créer un corps de parachutistes), motorisé, « vitrine » de la révolution. Elle participe ainsi à la constitution de l’Etat policier, jouit de certains privilèges et pourtant n’échappera pas elle-même, à la fin des années trente, à la paranoïa stalinienne.

Décapitée pendant les grandes purges, l’Armée Rouge est profondément affaiblie au début des années quarante. Ses succès faciles, sur les marches orientales de l’URSS contre la Pologne, la Finlande, les Pays Baltes et la Roumanie, en vertu des accords du pacte germano-soviétiques d’août 1939, ont masqué les intentions réelles de Berlin aux yeux du Kremlin. Pourtant averti des préparatifs allemands, Staline s’est refusé à croire, jusque dans les derniers jours précédant l’offensive du 22 juin 1941, à une possible guerre d’agression initiée par Berlin. Les troupes de la Wehrmacht avancent dans un premier temps rapidement en territoire soviétique malgré la férocité des combats. L’échec devant Moscou (décembre 1941), puis le « général Hiver », et enfin la dantesque bataille de Stalingrad (août 1942-janvier 1943) marquent un coup d’arrêt très net aux ambitions allemandes et signifient le début de la reconquête. Toute entière mobilisée pour la victoire finale par la propagande stalinienne (et par les commissaires politiques), l’Armée Rouge de 1944, rééquipée grâce au Lend Lease américain, n’a plus rien à voir avec celle de 1941.

Dotée en nombre de chars et d’effectifs, disposant d’un état-major rodé aux combats, l’armée soviétique est désormais capable de mener des offensives couronnées de succès. L’opération Citadelle (bataille de Koursk) constitue un nouveau succès pour les Soviétiques. Plus rien n’arrêtera désormais l’Armée Rouge avant Berlin. Entrés en Europe centrale, ses soldats se vengent des destructions subies : le pillage et le viol deviennent de véritables armes de guerre. L’issue victorieuse de la bataille de Berlin signifie pour l’Armée Rouge la fin d’une longue campagne et fait d’elle la plus puissante armée du monde.

Appuyé sur des cartes explicatives, des archives inédites (parfois violentes), des témoignages ou encore des extraits de films de propagande, ce clair exposé n’omet aucun des enjeux politiques auxquels ont été confrontés le commandement mais également les simples soldats de l’Armée Rouge. La déportation des koulaks refusant la collectivisation, ou encore les purges au sommet de l’Etat sous Staline, sont des exemples bien mis en valeur dans le film. Car très liée au pouvoir, l’Armée Rouge était avant tout l’armée du parti. Enfin, doté de biographies, de « fiches événements » et d’un glossaire simples et bien faits, tous accessibles au cours du visionnage, cet ensemble documentaire s’avère un véritable outil pédagogique très didactique et, de fait, à la portée de tous. A ne pas manquer.

Matthieu Boisdron

- Coffret documentaire disponible à l’achat en ligne sur le site de l’éditeur, Profildoc.

Titre : L’Armée Rouge
Réalisateur : Alain de Sedouy
Nombre de disques : coffret de trois disques
Audio : versions française et malentendants
Durée totale : 3 heures
Sortie : 1999
Editeur : Profildoc
Prix : 45 €

Histobiblio.com - la bibliothèque de l'Histoire est un site proposé par l'association Historialis

Responsables légaux : Matthieu Boisdron, Renaud Meunier, Nicolas Pavillon

Suivre la vie du site RSS | Plan du site | Refonte par h3w.fr - services internet de proximité à prix libre