Organisation particulièrement ambiguë et controversée, les Chantiers de Jeunesse ont été créés au lendemain de la défaite, fin juillet 1940, afin d’encadrer les jeunes Français encore mobilisés. Ce sont bientôt tous les jeunes hommes de la zone libre et de l’AFN âgés de 20 ans qui sont appelés à passer obligatoirement quelques mois aux Chantiers. Présentés, après guerre, comme un réservoir potentiel d’hommes susceptibles de reprendre les hostilités contre les forces d’occupation, les Chantiers de la Jeunesse n’en ont pas moins été profondément imprégnés par l’idéologie de la Révolution nationale, ce malgré l’orientation parfois très antiallemande de ses cadres.
Cette difficile position explique la diversité des engagements personnels et celle du sort réservé à ces jeunes par les autorités qu’elles aient été vichystes ou allemandes. Effectivement, si une partie rejoindra le maquis ou l’armée française de la Libération, une autre sera envoyée en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire, alors que certains rejoindront, qui la Milice, qui la Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme (LVF)...
Le livre de Laurent Battut revient sur la destinée d’un de ces groupements ; en l’occurrence le n°22 installé à Messeix, au sud-ouest de Clermont-Ferrand. Militairement encadrés, astreints à de multiples travaux forestiers et à de nombreuses activités sportives, les jeunes du groupement 22 connaissent un séjour analogue à celui des incorporés des autres groupements. Implanté dans une région travaillée par le maquis, surtout à partir de 1943, suspecté de connivences avec la Résistance locale, le groupement 22 est dissous manu militari par les Allemands qui arrêtent près de 200 jeunes en octobre 1943.
Abondamment illustré, comptant plus de 200 photos souvent inédites, cet ouvrage d’histoire locale trouve un écho particulier qui éclaire d’un jour nouveau notre connaissance des Chantiers de la Jeunesse.
Ouvrage disponible à la vente sur le site des éditions Anovi : www.anovi.fr.