Comme le remarque Daphné Bolz dans son ouvrage, le « régime fasciste et le régime nazi ont été incontestablement [...] les premiers véritables artisans de la politisation du sport ». Effectivement, les régimes totalitaires intégraient pleinement la valeur de la culture physique. Susceptible de mobiliser les masses, entré malgré lui au service du bellicisme de Hitler et de Mussolini, le sport est ainsi devenu un outil autant qu’un moyen idéologique de premier plan.
Forme d’esthétisme particulièrement efficace auprès des peuples concernés (et même au delà des frontières italiennes et allemandes), le sport est devenu un utile moyen de propagande destiné à sublimer la figure de « l’Homme nouveau », enfantée par le fascisme et le nazisme.
Dans son ouvrage, l’auteur s’intéresse bien évidemment aux événements phares (Coupe du monde de football de 1934 et Jeux Olympiques de Berlin de 1936), théâtre de l’œuvre propagandiste allemande et italienne. Mais c’est surtout l’architecture des lieux et des équipements sportifs qui retient l’attention de Daphné Bolz. Comme elle le précise elle-même dans l’introduction de son travail, « l’étude de l’architecture sportive est un champ historiographique presque complètement délaissé ».
Grâce à cette nouvelle approche, notre auteur - cet ouvrage est le fruit des réflexions d’un docteur en sociologie - parvient à faire la part des traits communs aux deux pays et de leurs spécificités. En somme, si l’Italie n’a jamais réussi à faire taire les contestations ou les controverses et n’est donc jamais parvenue à imposer la figure de l’Homme nouveau, le Reich allemand, quant à lui beaucoup plus imprégné de fondements sportifs racialistes, a relativement abouti dans son projet de faire du sport-spectacle un outil unitariste au service du régime nazi.
Possibilité de commander en ligne, sur le site des éditions du CNRS : CNRS Editions