Après la première guerre mondiale, les grandes puissances navales du temps – Etats-Unis, Royaume-Uni, Japon, France et Italie – émettent le souhait d’une limitation des armements destinée tant à garantir la paix qu’à soulager leurs finances. C’est l’objet de la conférence de Washington qui s’ouvre en novembre 1921. La France, empire colonial dont les besoins à l’issue du conflit s’avèrent pourtant criants, accepte à contrecœur la parité avec l’Italie et la limitation des croiseurs à 10 000 t pour le tonnage et au 203 mm pour l’artillerie. Les deux premiers prototypes 10 000 t Washington seront le Duquesne et le Tourville. Le Suffren et le Colbert suivront immédiatement. Ce sont au total sept croiseurs de 10 000 tonnes qui seront construits ; conformément aux normes internationales d’abord, puis quelque peu affranchis de celles-ci pour les derniers de la série (Foch, Dupleix et Algérie).
Si les caractéristiques générales de ces bâtiments étaient assez semblables, les ingénieurs français ont cherché avec beaucoup de constance, et dans le cadre sévère qui leur était imposé, à améliorer la protection et l’armement secondaire des 10 000 t. Symbole de la modernité de la marine française dans l’entre-deux-guerres (et surtout dans les années trente), quatre d’entre eux finiront pitoyablement leur carrière lors du sabordage de la flotte à Toulon en novembre 1942. Ce sera là le triste destin du Colbert. Le Suffren, quant à lui, fera une « carrière plus longue qu’illustre » (selon le mot de l’auteur) et sera démoli au début de l’année 1976.
Dans ce bel album historique publié par les éditions Lela Presse, abondamment illustré de photographies, de plans et de profils, le lecteur trouvera un exposé technique exhaustif ainsi qu’un compte-rendu des états de service des Suffren et Colbert.
Possibilité de commander en ligne sur le sites des Éditions Lela Presse