Le Dictionnaire des Monstres se veut une fenêtre sur le monde des créatures fantastiques et particulières qui ont laissé leur empreinte, et la laissent encore, sur les sociétés humaines. Ainsi, n’est-il pas étonnant de retrouver côte-à-côte, le dragon et le phénix, monstres traditionnels et sans âge, issus de la peur et de l’espoir, et les pokémons et godzilla, nouveaux venus dans le monde du fantastique et véritables phénomènes de société commerciaux qui, comme leurs pairs, envahissent les cours d’écoles et s’imposent à nos loisirs. Il offre aussi l’opportunité d’entrevoir l’univers des cryptides, ces êtres qui, tel le yéti et Nessie, naviguent entre rêve et réalité.
L’ouvrage se veut sérieux et accompagne chaque entrée d’une courte bibliographie pour qui veut approfondir ses connaissances sur tel ou tel sujet d’étude. La remarque ne signifie en rien que les définitions données soient incomplètes. Elles le sont forcément ; un dictionnaire, si savant soit-il, ne peut rivaliser avec l’encyclopédie. Leur rôle est surtout de dégager l’essence même des objets qu’elles décrivent et, autant que faire se peut, de souligner la longévité propre à chaque monstre ; celle-ci même qui lui a permit de traverser les âges.. Chacune de leur lecture est un pas invitant à la curiosité et à la volonté d’en savoir plus.
Le Dictionnaire des Monstres se veut aussi éclectique. Il offre au lecteur trois types d’entrées. Le premier concerne les monstres, dans une définition large du terme, ainsi peut-on se renseigner aussi bien sur les êtres légendaires ou tératologiques que sur les cryptides. Le second concerne les hommes qui ont gravité dans cet univers, qu’ils aient été savants en leur temps, tels Pline l’Ancien et Georges Cuvier, rêveurs, comme J.R.R. Tolkien et Hayao Miyazaki, ou victimes du regard de l’autre, tel Joseph Merrick que la postérité à rendu célèbre sous le surnom d’Elephantman. Enfin, le troisième groupe s’intéresse à des concepts permettant de mieux comprendre le phénomène dans son ensemble et pouvoir étudier les monstres en toute connaissance de cause ; ainsi, trouve-t-on dans cette catégorie les thèmes de l’eau, de la corne, du gigantisme et du sexe des monstres.
D’aucuns diront que cette nature hétérogène dont se vante le dictionnaire a ses limites, certains iront même jusqu’à dire qu’elle est dommageable à l’ensemble. Tous les monstres ne sont pas présentés, même de soi-disant incontournables (comme Frankenstein, les lamies, le kelpie, la serre, ou la peluda) tandis que l’étendue des cultures concernées, aucun continent n’ayant été écarté, donne l’impression que l’ouvrage survole l’essentiel plutôt que d’offrir un regard expert sur un sujet bien défini.
Il est certain que la liste des définitions est loin d’être exhaustive. Mais vouloir atteindre tel but est utopique. Une juste mesure aurait pu être atteinte répondront certains, dénonçant le peu de concepts définis par exemple. Il est vrai que c’est loin d’être le cas. La raison à cela est uniquement matérielle et la limitation physique du nombre de pages a été un frein sérieux à l’entreprise. Toutefois, il n’est pas impossible, ni même improbable, qu’un second recueil, ou davantage, puissent être réalisés pour transformer ce dictionnaire en un tome d’encyclopédie.
Pourquoi ne pas avoir créé une liste de monstres bâtie sur un choix logique basé sur une région, une période, ou une nature commune ? Le but de ce dictionnaire est, avant tout, d’élargir l’horizon du lecteur et de lui offrir un panorama du phénomène monstrueux. C’est pourquoi, des monstres caractéristiques de chaque continent, et aux traits si divers, ont été sélectionnés sans leur avoir attribué d’aucune façon une valeur hiérarchique qui n’aurait pu être que fictive.
Possibilité de commander en ligne sur le site des éditions Dilecta. La parution est prévue pour novembre 2007.