La réalité décrite dans le livre d’Henri de Wailly est bien celle d’une guerre - du moins d’une bataille d’envergure - rapidement occultée après-guerre par les mémoires collectives française et britannique. L’armée du Levant, très partiellement réorganisée et équipée après l’effondrement de mai-juin 1940, reste fidèle à Vichy - malgré un sentiment d’hostilité très répandu vis-à-vis de l’Allemagne - dont elle applique les ordres à la lettre par l’entremise de Dentz, haut-commissaire nommé par l’État français en remplacement du diplomate civil Gabriel Puaux. Ce territoire - en violation flagrante des conventions d’armistice - a effectivement été utilisé par l’Allemagne à des fins militaires lors des événements irakiens au profit de Rachid Ali, le chef des insurgés anti-anglais.
Partie à la reconquête du Levant français dont elle a toujours plus ou moins convoité le mandat, la Grande-Bretagne, disposant de bien peu de moyens, laisse aux troupes australiennes ainsi qu’à la modeste 1ère Division française libre, la lourde charge de rallier la Syrie et le Liban - par les armes si nécessaire - à la cause des alliés. Faisant la part des jeux allemand, vichyste et anglais dans la région, de la volonté du général De Gaulle d’obtenir un gage territorial et militaire assurant sa survie politique et son poids diplomatique, Henri de Wailly décrit par le détail les événements qui ont conduit des Français à s’opposer en de sanglants et fratricides combats.
Se plaçant au dessus des querelles de chapelles mémorielles qui, aujourd’hui encore, opposent « vichystes et gaullistes » et empoisonnent le débat, l’auteur - en historien consciencieux - fait le point sur un conflit qui verra la perte de 10 000 hommes, 200 avions et plusieurs navires ; causant un tort certain à la cause alliée.
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