Le fameux « Je vous ai compris », lancé par le général De Gaulle le 4 juin 1958 à Alger à fait couler beaucoup d’encre et suscité nombre d’ambiguïtés. Il a effectivement laissé croire aux partisans de l’Algérie française, de la manière forte, que l’ex chef de la France libre ne céderait en rien tant qu’il se maintiendrait au pouvoir.
Face à la toute puissance de l’armée, à l’opposition intérieure emmenée par l’OAS, aux pieds-noirs, aux pressions internationales diverses (Etats-Unis, URSS et République fédérale d’Allemagne notamment), et enfin face à l’action terroriste du FLN, le fondateur de la Vème République se trouve finalement bien seul, privé également du soutien de la gauche française qui ne voit en De Gaulle qu’un redoutable ennemi politique, « fossoyeur » du parlementarisme, qu’il convient d’abattre.
C’est en fin de compte l’adresse manœuvrière du général De Gaulle, pressentant une nouvelle fois le sens de l’histoire, qui lui permet tant de sortir la France de ce long conflit colonial exacerbé, que d’affermir son autorité sur le pays dont il vient de (re)prendre les rênes.
Gaulliste de la première heure, récemment décédé (en février 2006), Jacques Baumel livre ici un témoignage précieux qui a le grand avantage de ne jamais tourner à l’hagiographie pure et simple quand bien même l’auteur rend hommage à la politique du Général en Algérie, la seule possible selon lui... la plus sage en tout cas.
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